Le Gouvernement bruxellois signe l’arrêt de mort du Brussels Film Festival

30 mars 2018  — Divers

cinema-strip-64074_960_720Mercredi 28 mars, en commission du Parlement bruxellois, le Ministre-Président Rudi Vervoort a confirmé ne plus octroyer de subventions au Brussels Film Festival. Par cette décision du Gouvernement bruxellois, ce festival, qui permettait d’offrir à Bruxelles une vitrine internationale pour la diffusion du cinéma d’auteur, risque de disparaître de notre scène culturelle.

Créé en 1974, le Brussels Film Festival avait entrepris le pari audacieux de faire rayonner le cinéma d’auteur belge et européen, en offrant une place particulière aux jeunes cinéastes. En présentant chaque été plus de 100 courts et longs métrages, qui parcouraient l’Europe du Nord au Sud à travers un vaste tour d’horizon du cinéma d’auteur de notre continent, il était le plus gros festival cinématographique de la capitale européenne.

« Imputer aux organisateurs, comme le fait le Ministre-Président, le manque de qualité, de caractère cosmopolite, de diversité des activités proposées et de rayonnement international du festival, apparaît assez malhonnête lorsqu’on s’attarde sur la programmation éclectique et le retentissement positif des critiques, journalistes et spectateurs à l’échelle du cinéma européen », déplore le Député bruxellois Gaëtan VAN GOIDSENHOVEN.

« Sa notoriété, sa crédibilité et son expertise lui avaient permis d’assurer une reconnaissance dépassant largement nos frontières ».

Outre l’importante programmation en salle au sein de l’espace culturel Flagey, certains films étaient diffusés gratuitement et en plein air, chaque soir pendant le déroulement du festival. Cette initiative, qui avait lieu place Sainte-Croix, à côté de la place Flagey, créait une ambiance conviviale et chaleureuse fort appréciée des visiteurs et des passants, dans ce quartier très fréquenté durant les soirées d’été. Elle rendait la diffusion cinématographique accessible au plus grand nombre en la plaçant au cœur de la ville.

« Alors que le festival était déjà menacé depuis l’année passée, les organisateurs s’étaient montrés à l’écoute des critiques émises à leur égard par le Gouvernement, concernant notamment l’invocation d’un manque de bilinguisme français/néerlandais ou certains problèmes organisationnels. Afin d’assurer leur survie, ils s’étaient déclarés prêts à relever les défis que les pouvoirs générateurs de subsides lui imposaient. L’interruption de l’aide octroyée, sans laisser de place à un quelconque plan de redressement ni à un droit de réponse des organisateurs, est d’autant plus injustifiable », dénonce le Député libéral MR.

« Il est par ailleurs permis de penser que le Gouvernement préférerait mettre le montant des subsides au profit d’un autre festival, en l’occurrence le Brussels International Film Festival, dont la première édition se tiendra en juin prochain. Si la Région souhaite soutenir ce nouveau festival au détriment d’autres festivals établis de longue date, qu’elle fasse preuve de cohérence et qu’elle affiche clairement ses motivations », réclame-t-il.

De nombreuses associations de professionnels du secteur avaient déjà témoigné de leur vive protestation quant à cette rupture de soutien. Le festival avait en effet subi à plusieurs reprises des baisses de budget, mais continuait à défendre et à assurer sa programmation, grâce à l’appui de différents partenaires et au travail fourni par de nombreux bénévoles.

« Si une nouvelle réduction des subsides aurait éventuellement pu se concevoir dans le contexte budgétaire actuel, une suppression aussi catégorique et brutale de tout financement de la Région est tout simplement incompréhensible », poursuit Gaëtan VAN GOIDSENHOVEN.

« Si le festival devait effectivement être amené à cesser ses activités, ce serait d’un déplorable affaiblissement de la scène culturelle bruxelloise et d’un grand coup de massue porté au 7ème art dont se rendrait coupable notre Gouvernement régional », conclut-il.