Redynamisons Bruxelles avec les agences immobilières de mixité commerciale !

13 juillet 2017  — Divers

Capture d’écran 2017-07-13 à 16.01.42En mars 2015, le groupe MR, en la personne de Marion Lemesre, a déposé une proposition de texte portant création des agences immobilières de mixité commerciale. Depuis, la majorité PS-CDH-DEFI n’a malheureusement cessé de retarder l’examen de ce projet qui a pourtant convaincu Isabelle Durant, cosignataire de la proposition. Là où les libéraux bruxellois proposaient une ordonnance « clef en main » les partis de la majorité ont pourtant décidé de déposer une proposition de résolution, qui se cantonne donc à des déclarations de bonnes intentions, copiant par ailleurs de manière à peine déguisée la proposition déposée par le MR.

Un texte qui vise à répondre à des problèmes criants

Ce texte, porté par la députée libérale bruxelloise, Marion Lemesre, vise pourtant à répondre à deux problèmes grandissants auquel est confrontée la Région bruxelloise : le manque de plus en plus criant de mixité commerciale au sein de certains quartiers et la vacance commerciale de plus en plus importante.

En effet, on constate à l’heure actuelle que certaines zones de Bruxelles manquent cruellement d’un mix commercial permettant aux habitants de pouvoir vivre pleinement au sein d’un quartier qui leur permet de rencontrer leurs attentes. En effet, bénéficier de commerces de proximité, de magasins variés, de terrasses et de restaurants permet de redonner un goût d'authenticité à une ville de plus en plus asphyxiée par une offre commerciale monotone qui ne répond plus aux besoins de ses habitants ni à l'attente d'une offre originale de ses visiteurs

C’est pourquoi le groupe MR du Parlement bruxellois, en la personne de la députée Marion Lemesre, a décidé d'agir malgré l'immobilisme du gouvernement bruxellois et l'obstruction de la majorité parlementaire. C’est pourquoi, aussi, suite au dernier débat en Commission des Affaires économiques, qui a vu le Ministre se réfugier derrière un avis du Conseil d'Etat ouvrant pourtant des possibilités d'adaptation et surtout la majorité parlementaire se contredire en s'empêtrant dans une résolution mal conçue et inapplicable, le groupe MR a demandé de suspendre les travaux pour envoyer sa proposition d'ordonnance à la Commission européenne.

Le second objectif majeur de cette proposition d’ordonnance est d’aborder de front le problème du nombre de cellules commerciales vides au sein des quartiers commerçants et qui ne trouvent pas de candidats locataires.

Ces espaces inoccupés créent une atonie au niveau du dynamisme commercial et un cercle vicieux car d’une part, les cellules qui sont vides depuis un certain temps n’incitent pas à une reprise et, d’autre part, elles participent à un sentiment d’insécurité.

L’idée libérale est alors d’inciter, sur base volontaire, les propriétaires de surfaces commerciales inexploitées à en confier la gestion et la mise en location à un programme soutenu par l’autorité publique via « les agences immobilières de mixité commerciale ». Cet accompagnement encouragé par la Région se veut être une réponse mesurée, nécessaire et pertinente afin de corriger un marché qui tend de plus en plus à ressembler à un véritable monopole de snacks et magasins de nuit.

Ces « agences immobilières de mixité commerciale » telles que voulues par le groupe MR auront la forme d’ASBL et auront donc comme objectif d’accompagner les entrepreneurs en leur facilitant l’accès aux surfaces commerciales inexploitées. Les projets commerciaux de ces entrepreneurs doivent s’inscrire dans le cadre d’une analyse des besoins commerciaux du quartier et de ses habitants. Les besoins spécifiques des quartiers commerçants seront identifiés grâce à un schéma de développement commercial élaborés par la Région ou les communes. Sur cette base, des loyers différenciés seront appliqués afin de créer une offre commerciale complète et répondant aux attentes des utilisateurs.

Bruxelles à la traîne

Bruxelles rate le train de la modernité et ne s’inspire pas de villes qui connaissent pourtant les mêmes problèmes, comme par exemple Paris et Marseille.

Dans la capitale française a été mis en place le dispositif « Contrat Paris Commerces », qui vise à densifier et améliorer l’offre commerciale en particulier dans les quartiers populaires. Il favorise l’installation de nouveaux commerces de proximité (artisans de bouche, restauration, créateurs, projets innovants, etc.) Consenti pour une durée de 12 ans, le contrat prévoit qu’une société mixte public-privé nommée SEMEAST (banques, assurances et mairie de Paris) acquiert des locaux qu’elle commercialisera à des loyers attractifs, définis selon les activités et les secteurs.

Cette volonté se rencontre encore à Marseille, où la mairie a décidé d’instaurer un droit de préemption commercial qui lui permet de récupérer les baux vacants et de, ici encore, les redistribuer selon les besoins les plus criants en termes de diversité commerciale. En fonction de ces nécessités variées, les cellules vides seront réaffectées en restaurants à un endroit, puis en boulangerie à un autre, tout cela ayant pour objectif d’insuffler de la vie dans des quartiers tout en comblant les 15% de commerces inoccupés du centre de la ville.

La majorité se gargarise avec un texte qui ne fait même pas le consensus dans ses rangs 

Il reste qu’une fois de plus le Mouvement Réformateur semble avoir raison trop tôt dans une Région qui reste trop souvent paralysée par l’immobilisme et l’idéologie là où le pragmatisme devrait encourager la majorité sortante à ouvrir les yeux sur ce qui se fait en dehors des frontières de notre belle région.
Au lieu de cela, la majorité décide de se congratuler elle-même en rédigeant une proposition décevante, qui parlait à son origine de lutter contre la « kébabisation » tout en voulant favoriser le commerce ethnique. Une proposition de résolution qui ne fait d’ailleurs même pas consensus au sein de la majorité puisque le président de la Commission Affaires Economiques, Bernard Clerfayt, a lui-même décidé de voter contre. Enfin, la majorité entend confier cette lourde tâche à un nouveau service, intégré à la toute nouvelle agence bruxelloise pour l'accompagnement de l'entreprise, qu’elle a créé par ordonnance il y a bientôt un mois. Il est cependant consternant que ceci soit fait a posteriori puisque ces mêmes partis n’ont pas pensé à intégrer cette mission dans les compétences de la nouvelle agence, ce qui signifie alors un manque total de prévoyance.