T-Brussels : un projet de relance fantaisiste

21 février 2014  — Communiqués, Emploi

Majorité contre opposition, le projet d’ordonnance visant transformer T-Brussels en une société anonyme séparée de ACTIRIS, sera adopté cet après-midi en séance plénière. Créé en 2005 sous l’égide de l’ancien Ministre Cerexhe, cet opérateur a pris depuis lors l’allure d’un navire en perdition sur le marché commercial de l’emploi où règnent en maître les grandes sociétés internationales de l’intérim, les cabinets de sélection et d’outplacement : plus de 2,8 millions d’euros de pertes cumulées ces cinq dernières années, avec un risque de cessation d’activités pour 2015.

Côtés activités, la situation n’est guère optimiste avec une dizaine d’offres d’emplois traitée par mois. Pour faire face à cette situation, le gouvernement bruxellois a opté pour le passage à une nouvelle société anonyme de droit de privé constitué de capitaux «  100% publics ». Scénario crédible ? Pas du tout…

« Sur un marché très compétitif où les agences d’intérim privées et les multinationales du recrutement ont un monopole de gestion et d’efficacité, quel est l’intérêt pour la Région bruxelloise de se lancer dans un projet de société commerciale ? Cela n’a pas de sens ! », dénonce la députée bruxelloise MR Françoise Schepmans, « Primo, nous devrions réserver les budgets déjà fort serrés aux programmes de formation professionnelle et aux cours de langues pour les chômeurs, plutôt que d’aller essayer de concurrencer des entreprises bien ancrées sur le marché. Madame Fremault espère jouer en première division avec une structure qui relève de la troisième provinciale. Secundo, le projet d’ordonnance est inquiétant puisqu’aucun business plan n’est prévu… Le parlement est appelé à voter sur une société dont on ignore quel en sera le coût exact pour le contribuable ! C’est complètement fantaisiste ! L’Olivier essaye de solutionner les problèmes financiers de T-Brussels en créant un projet sans une ligne budgétaire… Qu’importe les mesures, ce seront les Bruxellois qui finiront par payer la facture. Enfin, tertio, le grand gagnant dans ce dossier est ACTIRIS qui a réussi le lobbying visant à se débarrasser d’un poids mort et qui refile les pertes aux caisses régionales, l’investisseur numéro un au capital ».

Pour le groupe MR au Parlement bruxellois, il n’est pas question de voter un projet d’ordonnance qui joue au casino avec l’argent du contribuable.

« Je regrette que l’un des derniers projets déposés par la Ministre au nom du gouvernement soit aussi peu convaincant et faible sur les retombées concrètes, alors que nous venons d’atteindre un nouveau pic du chômage avec 112.000 victimes », énonce Françoise Schepmans, « Il est temps d’arrêter les chimères dans l’Oliveraie ! »

Communiqué de Presse